Un petit tour au Paraguay

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Visite des célèbres mais pas moins magnifiques chutes d’Iguazu, et encore un mois devant de moi pour voyager avant mon vol à destination de Quito. J’ai largement le temps de faire un petit tour dans le sud du Paraguay, et ne vais pas m’en priver.
 

Mais alors pourquoi le Paraguay ? La réponse est très simple, au-delà de sa situation géographique qui me convient parfaitement, c’est l’envie de découvrir un pays et une population encore préservés du tourisme qui me pousse à traverser le rio Parana, et rejoindre la ville frontalière de Ciudad del Este.

 

Une arrivée pour le moins surprenante

A (1)Un pont sépare le Paraguay du Brésil, et le contraste est saisissant. Arrivé à la tombée de la nuit, je croise un groupe d’enfants fouillant les poubelles, des chiens errants, des prostituées tapinant devant des bâtiments couverts d’affiches publicitaires, si ces derniers ne sont pas déjà en ruines. Des dizaines de centres commerciaux ont éclos à l’entrée de la ville, dans lesquels on trouve principalement de l’électronique et du textile à bas prix, ce qui attire de nombreux brésiliens venus y faire leurs achats. Il faut dire que la frontière est poreuse. Habitué à être contrôlé lors de mon arrivée dans un pays, je dois ici trouver par moi-même le bureau de l’immigration pour y régulariser mon entrée. Deux agents sont vautrés devant la télé, quand l’un d’eux me remarque et daigne enfin tamponner mon passeport. C’est une ville dangereuse, zone franche au carrefour de trois états, plaque tournante du narcotrafic sud-américain et du blanchiment d’argent. Les activités illégales y sont florissantes. Je ne vais y passer qu’une nuit, et prendre dès le lendemain un bus pour Asunción, la capitale.

 

Trois jours dans la capitale

Après sept heures de bus et trois chipas avalées sur le trajet, j’arrive enfin au terminal de bus d’Asunción. Je saute dans un taxi et rejoins le centre-ville pour trouver un hôtel. Centre administratif et financier du pays, la ville possède un grand port fluvial. Elle n’est pas très grande pour autant, son centre-ville encore moins. Constitué de quelques buildings d’affaires, de restaurants et de boutiques, je suis dans un premier temps un peu déçu. Je me promène ensuite le long du Rio Paraguay, qui le sépare naturellement de l’Argentine. Un navire de l’armée est mouillé, des bateaux de marchandises remontent le fleuve pour approvisionner le nord du pays, et des pêcheurs jettent leurs filets dans l’espoir d’y relever quelques poissons. Le temps est gris, ce qui rend le décor encore plus triste.

 

Les bidons-villes et le centre s’entremêlent, sous l’œil fatigué des policiers. Des cochons errent ici et là, à côté des enfants qui jouent au football avec un vieux un ballon crevé. Je me retrouve un peu plus tard dans le mercado quatro, le bordélique marché du centre d’Asunción. Les rues ne sont qu’un alignement de tentes où l’on trouve absolument tout : viande, légumes, matériel électronique, textile, contrefaçons, pièces automobiles, salons de coiffures, restaurants improvisés… tout y est.

 

Loin de moi l’idée de ternir l’image de la ville. Ils s’y cachent aussi des bâtiments colorés à l’architecture coloniale, de beaux parcs, des cafés et restaurants agréables. Il ne faut pas non plus manquer le Palacio Lopez ni la Recova. Trois jours dans la capitale, qui s’est  révélée intéressante, me suffisent amplement.

 

Direction le sud, et la parc national d’Ybycui

Je remarque sur google map un parc national plus au Sud, proche de petite ville d’Ybycui. L’occasion de découvrir la campagne paraguayenne, et d’y associer mes envies de nature. C’est en colectivo que je me rends au terminal, puis trouve facilement le bus pour Encarnación passant par Ybycui. J’aime traîner dans les terminaux, il y règne une atmosphère particulière. C’est au placeur qui criera le plus fort pour remplir son bus. Les vendeurs de chipas, de bananes, de boissons jouent des coudes, handicapés de leurs paniers en osier ou de leurs seaux en plastique chargés de provisions, pour accéder aux passagers confinés dans de vieux autocars. D’autres attendent patiemment leurs tours, en savourant un Tereré glacé, infusion d’herbe de Maté.

J’arrive en début d’après-midi et trouve une hospedaje, dans laquelle je resterai deux nuits seulement. Mon hôte ne parlant que guarani, le premier contact s’avère plutôt amusant. La chambre qu’il me propose est propre, j’y dépose mes affaires et pars visiter le village. Mise à part la rue principale bitumée, les autres ne sont qu’en terre et bordées par de petites maisons basses et des échoppes. Je suis aussi là pour le parc national et prévois d’y aller le lendemain. L’absence de tourisme rend son accès assez difficile. Situe à trente kilomètres, je rejoins son entrée dans un minibus local. Le chauffeur habite à coté et ne retourne pas au village ce jour-là, j’improviserai plus tard pour le retour. J’arrive rapidement à une première petite cascade, point de départ du sentier. La forêt est belle, sauvage, intacte. Je randonne une heure avant de rejoindre une deuxième chute d’eau, où je décide de pique-niquer. Mon retour au village sera en revanche plus compliqué. Une heure à pied, puis un motard m’offre de me conduire jusqu’à une intersection, pour rejoindre finalement Ybycui en stop.

 

De retour en Argentine

Me revoilà sur la route, en direction de la ville frontalière d’Encarnacion, qui signifie la fin de mon excursion au Paraguay. Je suis en fait plutôt satisfait d’avoir fait un détour par ce pays, j’ai rencontré une population discrète mais agréable et peu habituée aux touristes.

 

Galerie photos

 

 

 

 

 

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