Trek Santa Cruz: 4 jours au cœur de la Cordillère Blanche

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C’est aujourd’hui que nous franchissons le col de Punta Union, le point culminant du trek à 4750 mètres d’altitude. La montée jusqu’au col nous semble interminable, le sentier serpente entre les rochers et nous rapproche toujours un peu plus des sommets et des glaciers. L’altitude se fait ressentir depuis le début de la journée et les pauses se multiplient inévitablement.

 

Niché au cœur du splendide parc national Huascaran classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985 pour sa beauté naturelle, le trek Santa Cruz traverse la Cordillera Blanca d’ouest en est. Cette randonnée longue d’une cinquantaine de kilomètres nous entraîne dans des vallées encaissées avec le passage d’un col à plus de 4700 mètres d’altitude, et offre un spectacle incroyable à nos yeux. Ici les glaciers nourrissent les torrents qui serpentent au travers de dédales rocheux, le soleil se reflète sur les neiges éternelles des sommets environnants et les vaches ruminent l’herbe des alpages.

Rien d’étonnant à ce que ce trek attire chaque année les randonneurs et amoureux de la haute montagne du monde entier. Je ne fais pas exception et pars à sa découverte avec Teddy et Alex, mes nouveaux amis français.

 

Une journée de préparation inévitable

Je rencontre Teddy et Alex, deux français fraîchement débarqués à Huaraz, dans l’alojamiento Soledad, où nous partageons le même dortoir. Nous échangeons nos plans et expériences à faire dans le coin et plus largement dans tout le Pérou. Ils me font part de leur projet de s’attaquer au Santa Cruz trek, sans agence et sans guide, et me proposent de les accompagner. Je les en remercie encore.

Le départ est prévu pour le lendemain, et l’heure est aux préparatifs. Partir seuls c’est bien, mais encore faut-il être équipés. Nous partons faire le tour des agences, comparant le prix et la qualité du matériel proposé. Inutile de préciser qu’il nous est inenvisageable de passer trois nuits en altitude dans une tente et des duvets pourris. Une fois l’équipement loué, c’est au tour de l’achat de nourriture, et dans ce cas nous ne privilégions clairement pas la qualité, mais plutôt la taille et le poids de ce que nous amènerons avec nous. C’est seulement de retour à l’hôtel que nous prenons conscience de la charge qu’il va nous falloir porter.

Le départ du trek se trouve dans le village pittoresque de Cashapampa à presque trois heures de route de Huaraz. Le taxi nous attendra le lendemain matin à 6 heures, les sacs sont faits, et nous sommes impatients d’en découdre.

 

Jour 1 : Huaraz – Cashapampa (2900 m) – Llamacorral (3750 m)

Il est 9 heures passées quand nous attaquons enfin le sentier qui nous mènera 850 mètres plus haut au campement de Llamacorral. Le temps est magnifique, seulement très peu de nuages à l’horizon et le soleil nous accompagnera tout au long de la journée. Nous savons que nous partons pour deux jours et demi de montée avant de franchir le col. Cette première étape s’avère relativement simple, nous grimpons lentement en suivant le cours d’un torrent qui descend des glaciers alentours. De nombreux arrieros accompagnés de leurs mules surchargées vont nous dépasser sur cette portion, et nous nous imaginons légitimement suivis par des groupes de randonneurs, eux beaucoup moins chargés.

 

Nous arrivons en milieu d’après-midi au campement, à 3750 mètres d’altitude, qui nous offre une vue superbe sur les montagnes environnantes. Nous ne sommes pas les premiers et découvrons que plusieurs tentes sont déjà montées. Nous trouvons un coin plat, tranquille, un peu à l’écart et nous mettons au travail. Installation de la tente, collecte et purification d’eau et apprécions un bon thé après une demi-heure d’attente, le temps qu’il nous faudra pour faire bouillir de l’eau. La nuit tombe assez vite, nous avalons un bol de nouilles instantanées et nous couchons assez tôt après une grosse journée. Il ne faut pas oublier que nous sommes debout depuis 5 heures du matin.

 

Jour 2 : Llamacorral – Taullipampa (4200 m)

Après le petit-déjeuner, un savoureux porridge à l’eau dont Teddy vous parlera surement mieux que moi, nous empaquetons nos affaires et reprenons la route pour une étape de 450 mètres de dénivelé positif à travers la vallée de Santa Cruz. Sur cette partie, le spectacle est grandiose. La flore d’altitude s’accroche au flanc des montagnes, nous rencontrons la lagune de Jatuncocha, grand lac niché entre deux parois abruptes avant de traverser la rivière et de s’arrêter pour pique-niquer.

 

Deux choix s’offrent à nous. Nous pouvons continuer en direction du campement situé à quarante minutes de marche, ou bien faire un détour et passer par un point de vue pour observer les sommets de plus près, notamment le Nevado Alpamayo élue plus belle montagne du monde. Le ciel se couvre, notre choix se porte néanmoins sur la deuxième option, et nous voilà partis sur un sentier qui monte en lacet jusqu’au fameux mirador. La vue est superbe malgré les nuages qui envahissent le paysage. Nous ne resterons pas longtemps car la pluie s’invite à la fête et nous oblige à accélérer. Nous faisons une courte pause à l’abri dans une sorte de petite grotte, et profitons d’une accalmie pour rejoindre le camp à toute vitesse. Nous avons juste le temps de monter la tente avant que la pluie ne s’abatte sur nous.

 

Confinés dans la tente avec toutes nos affaires, nous remarquons que l’eau passe à travers. Il nous faudra pas mal de temps avant de comprendre que dans l’urgence, nous avons monté la bâche supérieure à l’envers. L’opération de rectification ne dure que quelques minutes et nous revoilà au sec. Nous passerons quasiment toute la soirée sous la tente, à jouer aux cartes et à lire. A 4200 mètres d’altitude, cette nuit sera sans doute la plus désagréable. Les duvets sont humides et la température chute terriblement dans la nuit.

 

Jour 3 : Taullipampa – Punta Union (4750 m) – Huaripampa (3900 m)

Ce n’est qu’au matin que nous apprécions la vue des sommets et du glacier Taullijaru qui entourent le campement de Taullipampa. Le soleil se cache toujours derrière les nuages en ce début de matinée, et la température doit avoisiner les 0°C.

Santa Cruz Trek -4C’est aujourd’hui que nous franchissons le col de Punta Union, le point culminant du trek à 4750 mètres d’altitude. La montée jusqu’au col nous semble interminable, le sentier serpente entre les rochers et nous rapproche toujours un peu plus des sommets et des glaciers. L’altitude se fait ressentir depuis le début de la journée et les pauses se multiplient inévitablement. Nous arrivons en haut en début d’après-midi, après cinq heures d’ascension, et profitons du panorama qui est magnifique. D’impressionnants glaciers se dressent devant nous et protègent une petite lagune turquoise. Nous apercevons en contre bas le lac Jatuncocha, minuscule, lui qui nous paraissait si grand la veille à contourner. De l’autre côté nous découvrons ce qui nous attend, une descente assez raide vers deux lacs avant de rejoindre le campement du soir, Huaripampa.

La descente, quel plaisir après deux jours et demi d’ascension. Trois heures de marche supplémentaires et nous atterrissons au campement en fin d’après-midi. Nous installons la tente au bord de la rivière, face aux sommets. Pour notre dernière soirée dans les montagnes, nous décidons de faire un feu qui nous réchauffera bien jusqu’à l’heure de dormir.

 

Cette étape aura été la plus longue et la plus éprouvante de tout le trek.

 

Jour 4 : Huaripampa – Vaqueria (3700 m) – Huaraz

Santa Cruz Trek -14Nous partons plus tôt que d’habitude pour finir le trek, notre objectif est d’arriver à Vaqueria avant midi, heure à laquelle est supposé partir le colectivo à destination de Huaraz. Nos jambes sont lourdes et nos muscles courbatus à l’aube de cette dernière journée, heureusement qu’il s’agit de l’étape la plus courte de notre trip. Nous allons la boucler en moins de quatre heures, les paysages sont évidemment moins impressionnants mais la traversée de petits villages a quelque chose de réconfortant. Nous sentons que nous touchons enfin au but. Après une ultime montée nous parvenons au village de Vaqueria et embarquons dans la foulée dans le colectivo déjà bien chargé.

Après cinq heures de trajet, nous sommes de retour à Huaraz. Le temps de rendre le matériel et de prendre une bonne douche nous amène à l’heure du repas. Affamés et lassés de manger des nouilles tous les soirs, nous jetons notre dévolu sur une parillada. Nous commandons un énorme assortiment de viande à partager, accompagné d’un excellent vin rouge du Chili. Une super soirée qui vient clôturer à merveille notre aventure de ces quatre derniers jours.

 


 

Idées de randonnées à la journée autour de Huaraz pour se préparer et s’acclimater à l’altitude. Retrouvez moi à laguna Churup et à la laguna 69  ici.

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