Ascension du volcan Cotopaxi

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Le départ est prévu mardi à 1h du matin. C’est décidé, je tente l’ascension du volcan Cotopaxi situé en Équateur. Je n’ai aucune expérience en matière d’alpinisme mais c’est un volcan peu technique, parait-il. Cela-dit, il atteint quand même les 5897m… A peine posé le pied dehors, que déjà le vent et la neige me fouettent le visage. Les guides nous préviennent que l’ascension ne sera, aujourd’hui, pas une partie de plaisir. Je n’en doute pas…

Le Cotopaxi est un stratovolcan actif, constitué de deux appareils volcaniques entremêlés. Il est situé sur la bordure occidentale de la cordillère Centrale, à 60km au sud de Quito, la capitale. Il est le deuxième plus haut sommet d’Equateur derrière le Chimborazo, et culmine à 5897m d’altitude. Son ascension est qualifiée de facile par les alpinistes, principalement pour son absence de difficulté technique.
Novice dans cette discipline, c’est pour cette raison que je me rends à Latacunga, et entreprends de le gravir.

Cotopaxi-512h :RDV à l’agence avec le guide

Le départ est prévu mardi à 1h du matin.
J’ai rendez-vous à l’agence le lundi en fin de matinée pour essayer et contrôler le matériel. Un couple de français, Marion et Emmanuel, partira avec moi pour tenter l’ascension, avec leur propre guide. Il est 16h quand nous arrivons au parking. Trente minutes de marche nous permettent de rejoindre le refuge basé à 4800m d’altitude. Nous ne sommes pas seuls, une quinzaine de personnes s’entrainent déjà.

C’est une première expérience d’alpinisme pour nous trois et nous nous empressons de chausser nos crampons pour nous familiariser à progresser sur la glace.

Pour le moment l’altitude se fait peu ressentir : j’en suis secrètement soulagé.

18h : un repas léger et un peu de repos avant le départ

Il est 18h, notre guide nous apporte de l’eau bouillante pour préparer nos nouilles chinoises accompagnées de pain et d’une tomate. Le repas sera léger, nous allons maintenant nous reposer quelques heures.

Cotopaxi-4La nuit tombe vite, aussi vite que le vent se lève à l’extérieur. L’excitation me gagne, et j’ai vraiment du mal à trouver le sommeil. Le réveil est prévu à minuit, ce qui nous laissera une petite heure pour petit déjeuner, nous préparer et partir. Je passe un long moment à tourner et me retourner dans mon duvet. Impossible de dormir. Dehors, le vent fait un vacarme inquiétant.

Après le petit déjeuner, tout le monde s’équipe et se retrouve dans la salle commune. J’en fais de même, j’enfile mon pantalon polaire, un sur-pantalon, quatre couches pour le haut du corps, mon harnais, mes inconfortables chaussures de marche, deux paires de gants, bonnet, casque, lampe frontale. L’heure du départ a sonné.

1h du matin : départ pour l’ascension du volcan Cotopaxi

CotopaxiA peine posé le pied dehors, que déjà le vent et la neige me fouettent le visage. Les guides nous préviennent que l’ascension ne sera, aujourd’hui, pas une partie de plaisir. Je n’en doute pas…

Nous atteignons le glacier en une vingtaine de minutes. Je chausse mes crampons, lorsque mon guide me rejoint et nous nous encordons ensemble. Je marcherai seul avec lui.
Un premier groupe part, et nous à sa suite. Nous les rattrapons rapidement, puis les dépassons.
Mon guide fait le choix stratégique de partir vite, sans doute la bonne décision à prendre pour arriver au sommet dans ces conditions. La première partie se passe assez bien malgré le froid, nous avons un bon rythme, et je ne ressens pas beaucoup de fatigue. Nous faisons une courte pause, protégés du vent par une impressionnante barre de glace, ce qui me permet de boire un peu d’eau et de regarder l’heure.

3h45, je n’ai pas vu le temps passer

Il est 3h45, je n’ai pas vu le temps passer. Ça fait presque trois heures que nous marchons sans nous arrêter. Mon guide m’annonce que nous sommes seulement à 5400m d’altitude. C’est une désillusion, nous n’avons réalisé que la moitié la plus facile de l’ascension et la fatigue commence à me gagner. Ce n’est pas grave, il faut y retourner et c’est remonté à bloc que j’attaque cette deuxième partie.

 

Cotopaxi-3Je perds le fil du temps… Chaque pas est une épreuve.

A partir d’ici, je vais perdre le fil du temps. Je ne sais pas depuis combien de temps nous marchons, ou devrais-je plutôt dire piétinons, la neige jusqu’aux genoux. Chaque pas est une épreuve, avec le vent qui redouble de puissance et cette neige qui tombe toujours plus fort. Mon corps faiblit, j’ai intensément froid. Je ne sens plus mes pieds et mon visage est recouvert d’une fine couche de givre.

J’ai besoin de faire des pauses de plus en plus souvent. Elles ne durent pas plus d’une minute ou deux à chaque fois, de peur de finir congelés, ce n’est vraiment pas suffisant pour moi.

Je ne regarde que le sol et suis les traces que laisse mon guide devant moi durant toute la montée. On est loin des sensations que j’éprouvais lors des deux premières heures, on est maintenant proche du calvaire et c’est un combat physique et mental qui s’engage pour continuer à avancer. Un frisson de peur me parcourt lorsque je pense à ma situation, épuisé et perdu dans cette tempête de neige qui s’abat sur nous. Décidément, de drôles d’idées me passent par la tête.

Toujours pas de sommet en vue

Le jour commence à se lever, mais je ne vois pas toujours pas le sommet.
Nous n’avons croisé personne depuis un bon moment c’est avec joie que je vois un espagnol encordé à son guide nous dépasser. Il parait fatigué mais résiste et maintient un bon rythme. De mon côté, nous avançons lentement, mais nous avançons toujours. Bientôt la pente devient vraiment raide, nous attaquons la dernière partie.

Je tombe régulièrement et mes jambes ne me portent plus. J’ai la tête qui tourne, du mal à respirer et la désagréable impression que l’air que j’inspire reste bloqué dans ma gorge.

L’espagnol et son guide redescendent enfin, ils ont atteint le sommet et seront les seuls à réaliser cet exploit aujourd’hui. Ils n’ont malheureusement rien pu voir à cause du mauvais temps. Son altimètre indique 5860m lorsque nous nous rencontrons, je n’irais pas plus haut.

Je renonce à 40m de dénivelé de mon objectif

Cotopaxi-2Après quelques tentatives pour continuer, je renonce à 40m de dénivelé de mon objectif, ce qui représente normalement une vingtaine de minutes de marche, mais bien plus pour moi dans l’état dans lequel je suis. Les nuages s’accrochent au flanc de la montagne et nous privent de la vue, qui parait-il est exceptionnelle.

Il va nous falloir un peu moins de trois heures pour redescendre. Je suis exténué lorsque j’arrive enfin au refuge. Sur le retour, le temps s’est un peu amélioré et nous laisse apercevoir le sommet du volcan Ruminawi. On va également apprécier quelques instants la vue de la vallée devant nous et la roche rouge qui recouvre le bas du volcan.

Une première expérience d’alpinisme incroyable

Malgré la déception de ne pas avoir atteint le sommet, je ne regrette rien, je suis allé au bout de mes forces. Ça restera pour moi une première expérience d’alpinisme incroyable, dans des conditions pas faciles, qui me donne envie de m’attaquer à d’autres sommets.

 

Retrouvez mon Ascension Huayna Potosi en Bolivie.

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